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Détecteur de monoxyde de carbone

Un détecteur de monoxyde de carbone relié à votre système d’alarme signale la présence de ce gaz et prévient la centrale de télésurveillance. C’est le seul moyen de savoir qu’il est là : le monoxyde de carbone est incolore, inodore et sans saveur. Vos sens ne le détectent pas.

Détecteur de monoxyde de carbone relié à une centrale d'alarme                          Légende : Un avertisseur de CO relié au panneau de contrôle.

 

En bref — Le monoxyde de carbone ne se voit pas, ne se sent pas et ne se goûte pas. Au Québec, les véhicules à moteur représentent la principale source d’exposition dans les intoxications mortelles, devant les appareils de chauffage. Un avertisseur est recommandé dès qu’une source potentielle existe : appareil à combustion, foyer, garage attenant.

Sommaire

Que faire si l’avertisseur sonne

Cette section vient en premier parce que c’est celle qui compte le jour où ça arrive.

Si votre avertisseur de CO se déclenche :

  1. Sortez immédiatement avec toutes les personnes présentes et les animaux. N’ouvrez pas les fenêtres : vous disperseriez le gaz et compliqueriez le travail des secours.
  2. Appelez le 911 une fois dehors.
  3. Ne rentrez pas tant que les pompiers ne vous y ont pas autorisé.

Ne cherchez pas d’où vient le gaz. Ne tentez pas de régler le problème vous-même. Sortez.

Les premiers signes d’une intoxication ressemblent à ceux d’une grippe : maux de tête, fatigue, étourdissements, nausées. C’est précisément ce qui rend ce gaz dangereux. Plusieurs personnes malades en même temps dans la maison, ou des symptômes qui disparaissent dès qu’on sort, doivent faire penser au CO.

Source : Institut national de santé publique du Québec, « Les avertisseurs de monoxyde de carbone ».

Pourquoi ce gaz est dangereux

Le monoxyde de carbone se forme lors de toute combustion incomplète. Il prend la place de l’oxygène dans le sang, et l’intoxication progresse sans que la personne s’en rende compte — jusqu’à la perte de conscience.

Un chiffre à connaître, parce qu’il contredit l’idée reçue : au Québec, les véhicules à moteur constituent la principale source d’exposition dans les intoxications mortelles, à 54,4 %, devant les fournaises et les appareils fonctionnant au propane.

Autrement dit, le danger ne vient pas d’abord de la fournaise au sous-sol. Il vient souvent du garage attenant — une voiture qu’on laisse tourner quelques minutes le temps de dégivrer, une souffleuse qu’on démarre porte fermée, une motoneige qu’on fait chauffer. Le gaz traverse ensuite le mur mitoyen ou la porte.

Source : INSPQ, données sur les intoxications mortelles documentées par les coroners.

C’est aussi pour cette raison que le risque augmente l’hiver : maison fermée, chauffage au maximum, véhicules qu’on fait tourner avant de partir.

Dans quels cas l’installer

La recommandation est claire : un avertisseur de monoxyde de carbone s’installe dès qu’il existe au moins une source potentielle de CO dans l’habitation.

Source : INSPQ.

Concrètement, cela vise :

  • Tout appareil à combustion — fournaise au gaz, au mazout ou au propane, chauffe-eau, sécheuse au gaz, cuisinière au gaz
  • Un foyer ou un poêle, à bois comme au gaz
  • Un garage attenant ou un stationnement intérieur accessible depuis le logement
  • Une génératrice, un appareil de chauffage d’appoint à combustible

Une maison entièrement électrique, sans garage attenant et sans foyer, présente un risque beaucoup plus faible. Mais dès qu’un de ces éléments existe, l’avertisseur devient nécessaire.

Vérifiez aussi le règlement de votre municipalité : plusieurs villes québécoises imposent l’avertisseur de CO dans ces situations, et les obligations varient d’une municipalité à l’autre.

Source : Gouvernement du Québec, « Avertisseurs de monoxyde de carbone », qui renvoie à la réglementation municipale.

Où le placer, et où surtout pas

L’emplacement compte autant que l’appareil, et c’est là que les erreurs sont les plus fréquentes.

Les emplacements recommandés

  • À chaque étage, sous-sol compris
  • Dans le corridor près des chambres
  • Dans chaque chambre dont la porte se ferme la nuit
  • Près des escaliers, de la porte du garage, et au-dessus d’un garage attenant

Les emplacements à éviter

  • La cuisine et la salle de bain
  • Le garage lui-même
  • Les locaux de produits chimiques non ventilés
  • Tout endroit trop froid ou trop chaud : sous 4,4 °C ou au-dessus de 37,8 °C

Source : Gouvernement du Québec.

Cette dernière contrainte mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle est méconnue et qu’elle compte au Québec. Un garage non chauffé descend largement sous 4,4 °C en janvier — c’est l’une des raisons pour lesquelles on n’y installe pas d’avertisseur, en plus des gaz d’échappement qui le déclencheraient sans arrêt.
Emplacements recommandés pour un détecteur de monoxyde de carbone dans une maison
                          Légende : Où placer les avertisseurs de CO, et où les éviter.

 

Comment il s’intègre au système

L’appareil communique avec le panneau de contrôle. En cas de détection, l’information part vers la centrale de télésurveillance, qui applique le protocole d’urgence convenu — appel du foyer, puis des contacts d’urgence, puis des services concernés.

Vous recevez également une notification sur votre application, où que vous soyez.

C’est la différence déterminante avec un avertisseur autonome acheté en quincaillerie. Un avertisseur de CO sonne. Si la maison est vide, ou si les occupants sont déjà intoxiqués et désorientés, personne n’agit. Un détecteur relié à une centrale transmet l’alerte, et quelqu’un intervient.

Ce point compte davantage pour le CO que pour la fumée. Un feu réveille et se voit. Une intoxication au monoxyde de carbone endort.

Ce qu’il faut vérifier

La durée de vie

Un avertisseur de CO ne dure pas indéfiniment. Son capteur électrochimique s’épuise, généralement en 5 à 10 ans selon les modèles, et il doit être remplacé selon les recommandations du fabricant.

Un appareil périmé peut très bien s’allumer et paraître fonctionnel sans plus rien détecter. Vérifiez la date sur le boîtier, comme pour un avertisseur de fumée.

Sur un appareil combiné fumée et CO, c’est la plus courte des deux durées qui s’applique.

L’entretien courant

Testez l’appareil tous les mois avec son bouton de test. Dépoussiérez-le régulièrement. Et ne le peignez jamais, même partiellement.

Faites aussi inspecter vos appareils à combustion et vos conduits de cheminée selon les recommandations du fabricant. L’avertisseur détecte une fuite ; il n’empêche pas qu’elle se produise.

Ce qu’on rencontre le plus souvent en évaluation : un seul avertisseur de CO dans toute la maison, installé au sous-sol près de la fournaise. C’est l’endroit auquel tout le monde pense, et ce n’est pas le plus utile. La nuit, portes de chambres fermées, personne n’entendra un appareil qui sonne deux étages plus bas. Le corridor des chambres est au moins aussi important que la salle mécanique.

Questions fréquentes

Un détecteur de CO est-il obligatoire au Québec ?

Les obligations relèvent des règlements municipaux et varient d’une ville à l’autre. Plusieurs municipalités l’imposent dès qu’une propriété comporte un appareil à combustion ou un accès direct à un garage. Informez-vous auprès de votre service de sécurité incendie.

Un détecteur de fumée détecte-t-il le monoxyde de carbone ?

Non. Ce sont deux technologies différentes : l’un détecte des particules de fumée, l’autre un gaz. Il existe des appareils combinés, mais un avertisseur de fumée seul ne détecte pas le CO.

Combien en faut-il dans une maison ?

Un par étage au minimum, sous-sol compris, plus le corridor des chambres. Les chambres dont la porte se ferme la nuit et les pièces situées au-dessus d’un garage attenant méritent le leur.

Fonctionne-t-il pendant une panne de courant ?

Oui. Le système dispose d’une batterie de secours et d’une transmission cellulaire indépendante d’internet. C’est important : les pannes d’électricité hivernales sont justement les périodes où l’on utilise des génératrices et des appareils d’appoint.

Combien de temps dure un détecteur de CO ?

Son capteur s’épuise, généralement en 5 à 10 ans selon les modèles. Référez-vous aux recommandations du fabricant inscrites sur le boîtier, et remplacez l’appareil à l’échéance même s’il semble fonctionner.

Faire évaluer votre installation

Le nombre d’avertisseurs et leur emplacement dépendent de la configuration de votre bâtiment, de vos appareils à combustion et de la présence d’un garage attenant. C’est une question à laquelle on répond en regardant les lieux.

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